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Haiti-Elections : Quand le langage politique se rapproche de celui des gangs

il y a 6 heures
2 min de lecture


Prévue pour le 5 octobre, la campagne électorale n’a pas encore officiellement débuté. Tout de même, cela n’empêche pas les partis politiques concernés par les élections d’effectuer leurs toutes premières sorties sur le terrain afin de rencontrer les membres de la population. L’occasion pour nombre d’entre eux de présenter leur groupement, leur programme politique et aussi leur candidat.


Ainsi, lors d’un rassemblement, ce dimanche 27 septembre, à El Rancho, la plateforme VIKTWA a lancé ses activités devant une foule immense issue de plusieurs communes, dont Pétion-Ville.


Dans une salle particulièrement animée, les sympathisants ont répondu présents pour accompagner les responsables de cette formation politique, à quelques mois des échéances électorales, se référant au calendrier.


Le moment le plus surprenant de la partie est intervenu lorsque le candidat désigné à la présidence par cette plateforme, Wilner Joseph, a pris la parole.


S’adressant à la population, il a laissé entendre : « Si nou pa deside viv ansanm, n ap mouri tankou idyo. » Une déclaration qui pousse plus d’un à faire allusion au regroupement criminel qui, opérant depuis 2023 sous ce nom, ne cesse de semer la terreur parmi la population.


Ces déclarations, qui surviennent dans un contexte où ces hommes armés réclament leur inclusion dans un processus de dialogue politique pour mettre fin à ces violences, suscitent pas mal d’interrogations. S’agit-il d’un appel à la collaboration lancé par l’aspirant président ou, du moins, d’une logique de réappropriation de ce concept qui a marqué l’histoire du pays ? En tout cas, le manque de contextualisation de ces mots prononcés par Wilner Joseph, réputé proche du Premier ministre, laisse la place à de nombreuses interprétations.


Parlant du Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, il a lui aussi fait récemment des déclarations qui résonnent comme celles des bandits. « Gouvènman m nan pa fè rimè », souligne Alix Didier Fils-Aimé, comme pour montrer que son équipe agit lorsqu’elle promet, rappelant curieusement Joseph Wilson, dit « Lanmò San Jou », qui a popularisé ce qui est maintenant considéré comme un slogan. Pour rappel, il est l’un des principaux chefs du groupe 400 mawozo, actif dans la région de Croix-des-Bouquets.


« Nou menm nan EDE, nou pa fè rimè », a repris Claude Joseph lors d’une activité organisée par son parti politique. Ce, alors que le gouvernement du Canada a imposé, en 2022, des sanctions financières et une interdiction de séjour à l’encontre de l’ancien dirigeant, l’estimant impliqué dans des actes menaçant la stabilité du pays.


Les premières prises de parole des candidats interpellent alors qu’ils sont, pour la plupart, frappés par des sanctions internationales, toujours pour les mêmes questions liées à la déstabilisation du pays. À l’image du processus électoral lui-même, les premiers discours des candidats laissent planer le flou sur ce que pourrait être l’avenir politique du pays.

 

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