L’ex-président Michel J. Martelly, épinglé pour fausse déclaration de patrimoine par l’ULCC
- Ritchy fortuné
- 9 déc. 2025
- 2 min de lecture

Dans sa déclaration de patrimoine officielle d’entrée en fonction, Michel Joseph Martelly a indiqué un salaire présidentiel de 242 400 gourdes par mois et un revenu annuel de 100 000 $ US lié à ses activités artistiques. Dans une autre section, ces montants seront réévalués à la hausse par ce dernier, qui déclarera un revenu annuel net de 181 000 $ US.
Le début des incohérences persistantes soulevées par l’ULCC, dans la déclaration du patrimoine du Président, détaillé dans un rapport d'enquête, rendu public ce lundi.
Aucune preuve documentée de la poursuite de ses activités d’artiste pendant son mandat n’a été trouvée, pourtant les revenus artistiques du chanteur-président ont atteint plus de 370 400 $ US, soit une augmentation de plus de 270 % à la fin de son mandat, souligne l’ULCC. À celà s’ajoutent des biens non déclarés, comme une propriété à Pétion-Ville, à la rue Moïse, acquise en 2005 pour la somme de 120 000 $ US.
D’autres biens figurent également dans sa déclaration de sortie alors qu’ils étaient absents de sa déclaration d’entrée en fonction, par exemple un appartement situé à Puits-Blain, estimé à plus de 1,5 million de dollars US. Il s’agit là d’une infraction due à l’intention de l’ancien dirigeant de dissimuler son patrimoine, épingle l’ULCC.
M. Martelly a également acquis, au cours de son mandat, des biens dont le mode de financement échappe totalement aux procédures légales, comme par exemple, une maison d’habitation à Bois-Neuf, dans la commune de Saint-Marc.
L’omission de revenus publics perçus par son épouse , qui occupait le poste de conseillère à la Présidence, m'échappe pas non plus à l'ULCC. Selon le rapport, Sophia Martelly a perçu plus de 10,7 millions de gourdes pendant le mandat de son mari. Une somme non déclarée dans le patrimoine du président.
« Les écarts de valeur du patrimoine entre les déclarations d'entrée et de sortie sont considérables et non étayés par des documents justificatifs» lit-on dans ce rapport d'une dizaine de pages.
Autres irregularités frappantes: « les véhicules déclarés en 2011 ont disparu dans la déclaration de sortie, sans preuve de vente, de transfert ou de mise hors d'usage; des véhicules au nom de Sophia SAINT- RÉMY MARTELLY. acquis avant l'entrée en fonction, n'ont jamais été déclarés » écrit l'ULCC, soulignant qu'il s'agit d'une « omission grave et une incohérence manifeste ».
Il y a également des institutions commerciales actives ou en sommeil appartenant aux couples Martelly qui, pourtant ont pas été mentionnés dans les 2 déclarations du Président.
« À l'entrée en fonction, aucune participation dans des sociétés existantes (GLOBAL VOICE GROUP S.A., TRANSCOMEAU S.A., EDET S.A., etc.) n'a été déclarée à la sortie de fonction, seule une mention d'actions dans la société M6 CONSULT S.A apparaît, sans justificatif, tandis que d'autres sociétés créées ou détenues pendant le mandat n'ont jamais été déclarées » lit-on dans les conclusions de l'organisme anti-corruption.
Au cours de son mandat, soit du 14 mai 2011 au 7 février 2016, Michel J. Martelly a accumulé des fonds et des flux de paiements intraçables. De plus, il a effectué sa déclaration 2 ans après son départ du pouvoir, tandis que la loi lui impose un délai de 30 jours. L'UCC recommande ainsi l’action publique contre l’ex-chef d’État pour fausse déclaration de patrimoine.







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