Les groupes armés restent solidement implantés en Haïti, selon un rapport de l'ONU

Les groupes armés conservent une forte emprise sur plusieurs territoires malgré l’intensification des opérations de sécurité, selon le rapport final du Groupe d’experts des Nations unies sur Haïti publié début septembre dernier.
Entre octobre 2025 et avril 2026, les violences armées ont fait 3 165 morts et 1 551 blessés, indique le rapport. Les opérations de sécurité représentent 65 % des victimes recensées, contre 30 % lors d’attaques menées par les gangs.
À Port-au-Prince, l’emprise territoriale des groupes armés a reculé, passant d’environ 85 % à 70 %, mais ces gains restent fragiles. Le rapport souligne la capacité des gangs à reprendre des zones perdues et dénonce des liens persistants avec certains acteurs politiques, économiques et du secteur de la sécurité.
Dans le Centre, 400 Mawozo et Canaan continuent de contrôler plusieurs villes et des axes routiers stratégiques vers la frontière dominicaine. Dans l’Artibonite, les gangs Gran Grif, Kokorat San Ras et Canaan ont mené, entre le 29 mars et le 3 avril, des attaques qui ont fait au moins 95 morts et 38 blessés.
Le rapport pointe également le rôle de certains acteurs politiques dans la dynamique de violence. Dans l’Artibonite, il cite notamment Youri Latortue et Prophane Victor, en évoquant le recours historique à des groupes armés. À Kenscoff, les experts font état de motivations politiques derrière certaines violences et examinent notamment les cas d’Alfrédo Junior Antoine et Nenel Cassy.
Sur le plan politique, le rapport relève les tensions qui ont marqué la transition avant le transfert, le 7 février, de l’ensemble des pouvoirs exécutifs au Conseil des ministres dirigé par Alix Didier Fils-Aimé. Malgré des avancées dans la préparation électorale, les observateurs interrogés par les experts jugent peu probable la tenue d’élections en 2026.
Le Groupe d’experts estime que l’absence d’une stratégie nationale de sécurité cohérente, les ressources limitées des forces de l’ordre et les réseaux de soutien dont bénéficient certains gangs continuent de compliquer la reprise du contrôle du territoire par l’État.
LE FLUX MEDIA



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