Mario Andrésol fait volte-face sur la reprise des routes nationales avant le 7 février

Après avoir promis la réouverture d’au moins une route nationale avant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), le 7 février, Mario Andrésol, secrétaire d’État à la Sécurité publique, fait volte-face, rejetant la faute sur le bras de fer qui oppose la Présidence et la Primature, lequel, selon lui, a entravé le déploiement des troupes qui devaient mener les opérations.
Lors de sa participation à la 35e édition des Mardis de la Nation, à la Primature, ce mardi 3 février, l’ex-directeur général de la Police nationale d'Haïti, Mario Andrésol, a affirmé que les ressources dont dispose l'institution étaient affectées à la gestion des turbulences politiques occasionnées par l'épisode de la révocation le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, entravant ainsi l'opérationalisation des troupes sur le terrain. Toutefois, il dit s’attendre à une amplification des opérations dans un bref délai.
Promu comme l’homme de la situation, lors de son installation le 14 janvier 2025 à la Primature, Mario Andrésol est resté muet pendant très longtemps. Lorsqu’il a enfin décidé de s'exprimer, c’était pour annoncer la reprise des principales routes nationales contrôlées par les gangs, et ce avant le 7 février. À quelques jours de cette échéance, l’ancien militaire devenu directeur de la police a changé de discours, précisant toutes les données étaient au rendez-vous.
La stratégie de reconquête des routes présentée par le directeur général a.i. de la PNH, André J. Vladimir Paraison, semblait pourtant bien ficelée, dit-il, jusqu’à ce que les bras de fer entre les conseillers présidents, entre eux et avec le chef de gouvernement, viennent tout mettre en déroute. À force de gérer au mieux la situation, la PNH n’a donc pas pu exécuter son plan, a affirmé le secrétaire d'État à la sécurité publique, révélant l’image d’une gouvernance où la sécurité de la population devient un simple pion dans un jeu politique.
Ses stimultes politiques ont balayé une fois de plus tout sur leur passage, alors que la population ne sait plus à quel saint se vouer, et que des familles entières croupissent dans des camps de fortune, nourrissant l'espoir de pouvoir regagner leur quartier d'origine. Pendant ce temps, la lutte pour le sauvegarde du pouvoir se précise dans l’agenda des politiques.
Monsieur Andrésol n’est pas le seul dirigeant à s’être cassé les dents sur le dossier de la reprise des routes nationales des mains des gangs. Leslie Voltaire, ancien président du CPT, qui était d'ailleurs présent à son installation, avait tenu un propos similaire, affirmant qu’il allait rouvrir au moins une route départementale afin de laisser un boulevard à son successeur, Fritz Alphonse Jean, pour implémenter un budget de guerre. Autant de promesses pour des résultats qui demeurent à ce jour au point mort. Entre temps, ses routes continuent d'alimenter l'arsenal des gangs qui y contrôlent tout le trafic.



Commentaires